



Debout, le public en redemandait, après deux heures de spectacle ! Benoît Caron, le chef d'orchestre, ne se fit pas prier pour offrir le rappel attendu à l'issue d'un spectacle remarquablement ficelé.
« Idaul », c'est le nom que se sont donné les chorales conjointes de Sainte-Ide et de Saint-Paul. Mais les chanteurs ne se prennent pas pour des stars. À commencer par Cécile Caron, prof de musique, qui a donné le tempo en compagnie de Benoît... Caron, qui dirigeait l'Union musicale d'Agny. Ajoutez la touche artistique vocale de Valérie Chouanière, du conservatoire d'Arras, et vous obtenez un spectacle coloré et généreux intitulé « Itinéraire au pays du 7e art », réalisé au profit des Restos du Coeur de la région. Et pourtant, ce n'est pas simple de diriger quatre-vingts choristes et une cinquantaine de musiciens.
Après le clap de début, dans une ambiance de cabaret, l'introduction se voulait feutrée, comme au Moulin Rouge. Puis David, le concepteur du diaporama, fit défiler pêle-mêle des images du concert des Restos à Strasbourg, auquel avaient assisté les élèves. « Quand "Idaul" approche ses idoles ... » Rythme d'enfer pour voir les Enfoirés !
Musiciens et chanteurs donnèrent alors un aperçu de leur talent, tantôt l'un après l'autre, tantôt à l'unisson. Les titres de films défilèrent... Les Chariots de feu, les affiches humoristiques de Bourvil et De Funès, rehaussées par les cuivres, la douce férocité de Danse avec les loups et de Croc-Blanc, puis les temps forts du cinoche américain avec New York, New York, Rocky, Sister Actou les facéties des Blues Brothers.
Entre les passages musicaux, les textes étaient toujours soigneusement choisis, permettant de situer les scènes vocales, entre monstres et créatures bizarres (Shrek, Alien...) et les moments plus tendres (Kingdom Hearts).
Le chef d'orchestre s'est ensuite mêlé à la fête de Rio de Janeiro en menant le bal des percussions. Une belle transition avec les djembés du Roi Lion. Les mouvements collectifs alternaient aussi avec les montées lyriques de Valérie au chant.
« Il en faut peu pour être heureux... » Un air connu du Livre de la Jungle qui a accompagné les photos des « énervés » de Strasbourg. Pour un peu, pour cette chorale alliant travail et loisir, Benoît Caron aurait pu remixer La chanson de la Cigognepour en faire un tube « ch'ti-alsacien ». Comme quoi la rigueur n'empêche pas l'humour... Avant le final concocté par les choristes bientôt rejoints par les musiciens, MM. Desouter, qui s'était aussi investi au chant et à l'instrument sur scène, et Delesalle ont rendu hommage à tous les instigateurs de ce spectacle de qualité. Un chèque de 2 500 E (2 200 l'an dernier pour envoyer des enfants sur la Côte) fut aussi remis aux Restos. Ce qui fit dire à Jean-Pierre Delesalle, directeur du lycée Saint-Paul : « La jeunesse est capable de nous enchanter en donnant un grand spectacle et en faisant un geste de générosité. C'est un exemple ! » On pouvait dès lors terminer en chanson, avec I will survive, l'hymne des « Bleus ». Pas de doute : Véronique Colucci va apprécier le montage filmé de cette soirée exceptionnelle.
FRÉDÉRIC CAMUS
PHOTOS ÉRIC JANISZEWSKI (CLP)
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