



PAR SÉBASTIEN ROSELÉ
lens@infos-artois.fr PHOTO STÉPHANE MORTAGNE
Seules conditions : pas de photo d'eux et pas de noms. Sinon, pour le reste, les deux journalistes qui ont suivi les cinq spotteurs lensois samedi étaient totalement libres. À 15 heures, rendez-vous au commissariat de Lens. Départ pour Villeneuve-d'Ascq dans deux voitures banalisées.
Arrivée au Stadium nord. Les cinq spotteurs lensois vont saluer les policiers en tenue et les stadiers. Un petit tour du stade pour voir si tout va bien et s'échanger des infos avec des contacts.
Il est 18 heures. Deux cents supporteurs ultras lillois, à pied, arrivent en masse dans la rue devant le Stadium. Les spotteurs lensois dissuadent fortement un supporteur Sang et Or, maillot de son équipe sur le dos, de rejoindre sa voiture. Il aurait dû passer devant les Lillois à ses risques et périls. L'homme est mis en sécurité derrière des CRS. Les spotteurs continuent à avancer. Cent mètres plus loin un autre supporteur lensois est sur le point de croiser les Loscistes. Ces derniers se précipitent sur lui. Des CRS chargent pour disperser le groupe lillois. Un très jeune homme est interpellé.
Dix-neuf heures, les ultras lensois arrivent, en métro (et pas par cars comme les autres supporteurs du RCL). L'info, les spotteurs lensois l'avaient eu bien avant le match. Ils sont deux cents : 150 Tigers et 50 KSO, selon les spotteurs. Ces derniers les gardent à l'oeil tandis qu'ils sont « escortés » par des CRS jusqu'au match. Pendant ce temps, on l'apprendra plus tard, les ultras lillois et des policiers se sont affrontés à plusieurs centaines de mètres de là.
Une demi-heure plus tard, tous les supporteurs lensois sont regroupés sur un parking protégé. Les spotteurs circulent parmi eux et discutent avec leurs contacts.
Le match commence, 1 100 supporteurs lensois sont massés dans une tribune protégée, entourée de grilles. Les spotteurs sont en haut et scruteront pendant tout le match la tribune. En bas des gradins, deux supporteurs lensois commencent à se battre. Les stadiers interviennent. Un spotteur lensois indique aux gendarmes mobiles, massés en haut de la tribune, s'ils devaient intervenir, l'endroit où se trouvent les supporteurs lensois sans histoire pour qu'ils soient épargnés.
Seconde mi-temps. Les jours précédant la rencontre, les spotteurs avaient averti leur hiérarchie du risque que les supporteurs lensois envahissent la pelouse en cas de défaite sévère. Au cours de la seconde période, donc, des CRS s'alignent devant la tribune.
Fin de match, les supporteurs, sonnés par la défaite de leur équipe, veulent quitter la tribune protégée avant le feu d'artifice. Impossible, l'ordre a été donné en haut lieu de les garder là jusqu'à la fin. Affrontements entre quelques supporteurs d'un côté et des gardes mobiles et des CRS de l'autre. Les spotteurs, calment le jeu et entament le dialogue avec les supporteurs. Ils rentreront finalement sans trop d'encombre. Les spotteurs, eux, rembarquent dans leurs voitures banalisées. Il est minuit passé et le match est terminé depuis plus d'une heure trente.
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