



VHasard du calendrier, le lundi de Pentecôte s'est greffé au pont du 8 Mai, soit un week-end de cinq jours ensoleillé.
VLes activités de plein air ont été les premières à en profiter.
VLes professionnels du tourisme se frottent les mains. Au jardin Mosaïc, à Houplin-Ancoisne, on a enregistré dimanche l'une des meilleures fréquentations jamais connues.
PAR NICOLAS FAUCON
region@lavoixdunord.fr
PHOTO SAMI BELLOUMI Jérémy à la cuisson, Raymonde aux salades. Ça marche comme ça, le barbecue, chez les Douchez-Ferrand. Depuis deux ans qu'ils habitent Arras et leur maison avec jardin, la viande braise sur la plaque dès que le soleil donne. Résultat, « ça fait une semaine qu'une fois par jour, on l'utilise », sourit Raymonde, 36 ans.
Rebelote hier midi. Près de 30 ° C au thermomètre. Et brochettes, côtes de porc et chipolatas qui grillent en terrasse. « En famille ou entre amis, c'est à la fois simple et convivial », lâche Jérémy, 57 ans, scotché à la plaque. L'homme à la cuisson ? Classique. Un récent sondage montrait que 58 % des messieurs géraient la cuisson lors des barbecues (ce pourcentage tombe à 47 % pour une utilisation traditionnelle de la cuisinière). « Les hommes se plaisent à effectuer cette tâche traditionnellement masculine qui les ramène à l'époque de l'homme de Néandertal, écrit justement Alex Miles, auteur du livre Ces hommes qui cuisinent. Nous retrouvons les éléments primaires : la chair crue cuite directement sur le feu, les éléments de la nature maîtrisés par l'homme. »
Conséquence, l'économie tourne. « Le charbon de bois, en ce moment, on le rentre par palettes », commente Éric Roger, responsable du rayon jardin dans un hypermarché lillois. Lui avait « prévu le coup depuis une bonne semaine ». Achalandant en conséquence le rayon, offrant le remboursement de la TVA sur la vente des barbecues et des salons de jardin. On le sent soulagé. « Avril a été pourri. On attendait le beau temps. Là, il est de retour, c'est manifeste. » Au rayon viandes, son collègue Aurélien confirme « le gros boom » qui a commencé la semaine dernière. « Au début, on était même à court de brochettes.
» Autres grands bénéficiaires de ce parfum d'été avant l'heure, les marchands de glaces. Kokoa, dans le centre-ville lillois, a été pris d'assaut non-stop durant ce week-end de cinq jours. « On a dû s'adapter en quadruplant les commandes et en grossissant les équipes », se réjouit Fred, le responsable, qui a vu se constituer des files d'attente de quelque vingt mètres, « surtout samedi ». Du coup, « sur les huit premiers jours de mai, on a fait le chiffre d'un mois comme février ».
Envie de se rafraîchir oblige, c'était razzia sur les « sorbets à base de fruits » avec mention spéciale en ce début mai à la rhubarbe et à l'orange sanguine, qui plaisent, indubitablement.
Sur la Côte d'Opale, les professionnels du tourisme se frottent les mains. « Dès samedi soir, c'était complet au niveau de l'hébergement. Nous avons été obligés d'envoyer les gens jusqu'à Lille », explique Pierre Nouchi, président de l'Union des métiers des industries de l'hôtellerie du Calaisis et de la Côte d'Opale. Logique. « Avec le soleil, le long week-end, les Quatre Jours de Dunkerque, on a fait le plein. » Idem à Bagatelle. « Notre fréquentation a été de + 50 % par rapport à l'an dernier, à la même époque », se félicite le directeur. Du côté de l'Aqualud, au Touquet, la chaleur a provoqué la ruée vers les bassins. « C'était une grosse, grosse semaine, confirme Fabrice Tareau, directeur des opérations. On a fait en cinq jours la moitié de ce qui était prévu pour le mois. » Profitez-en. Selon Météo Services, la pluie devrait faire son retour ce jeudi. « Mais les températures resteront supérieures aux normales saisonnières. »
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