



Perspective sombre pour les cégétistes. Ce qui n'a pas empêché ce moment de détente. : La Voix du Nord PAR SÉBASTIEN ROSELÉ
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Belle journée. Les saucisses grillent sur le charbon de bois incandescent. Pourtant, hier, l'ambiance était un peu terne, au barbecue organisé par la CGT de la Française de mécanique (FM) qui fabrique des moteurs, entre autres clients... pour Renault. La raison de cette morosité ?
« Il manque mille emplois à la FM », clame Alain Labarre, secrétaire général CGT dans l'entreprise. Michel Darras, autre délégué CGT, continue : « Ça fait seize ans qu'il y a des intérimaires en permanence dans l'entreprise. Ils auraient pu être embauchés.
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Dans son discours, Alain Labarre, secrétaire général de la CGT-FM pointe du doigt les congés maladie qui ne sont plus « avancés » par l'entreprise mais payés directement par l'assurance maladie. Ce qui prend parfois « plusieurs semaines ». « Des familles se retrouvent en interdiction bancaire, payent des agios... » D'autant que, toujours selon la CGT, les cadences de travail soutenues « génèrent l'augmentation des maladies professionnelles ».
Alors l'annonce du départ de 5 000 personnes au sein de l'entreprise Renault a de quoi plonger un peu davantage dans la sinistrose. « Ça renforce le sentiment, tonne Michel Darras, qu'on (les salariés du secteur automobile) est trop nombreux. C'est dingue ! »
Les deux militants se refusent à émettre une hypothèse sur les conséquences possibles à la FM de ce plan social chez Renault. Michel Darras explique que le syndicat « ne veut pas le saucissonnage » d'un discours entreprise par entreprise. De son côté Alain Labarre refuse d'émettre le moindre pronostic négatif. « Ce n'est pas notre rôle. » La question reste donc entière, même si selon le cégétiste, 15 % de la production de l'usine concerne Renault. Ce qui devrait limiter la casse, si casse il y a.
Non, l'inquiétude à la CGT-FM est plus globale. Même si les deux militants voient mal comment une usine qui emploie 4021 personnes dont 209 intérimaires (chiffres 2007) et qui a produit 1,601 million de moteurs l'année dernière, pourrait fermer du jour au lendemain. Ils refusent d'y croire. Néanmoins, Alain Labbare concède : « on n'a pas de nouvelles commandes de moteurs après 2011. Or, il faut deux ans pour monter une chaîne de production. Après cette date, on ne sait pas ce qu'il y aura. » Pour sa part, Michel Darras voudrait que les syndicats « puissent jeter un oeil sur le secret des plans d'avenir », ce qui permettrait de savoir « si une entreprise va fermer ».
> Jointe hier, la direction de la FM n'a pas souhaité s'exprimer sur ce sujet.
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