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vendredi 09 mai 2008

Il faut parler des cérémonies du 8 Mai 1945 et de l'Indochine

Hier matin, parmi la foule des officiels qui ont participé aux cérémonies du 8 Mai 1945, couplées avec celles de la fin de la guerre en Indochine, figurait Robert Tahon. Le porte-drapeau lensois, 78 ans, présent au milieu de ses pairs, n'oublie rien et surtout pas ceux qui ne sont pas revenus.

PAR YVES PORTELLI

lens@info-artois.fr Hier matin, un peu avant midi, Robert Tahon n'avait pas l'air de souffrir de la chaleur plutôt inhabituelle à cette époque. Au son de la Marseillaise, il a tenu son drapeau tricolore au bout du bras sans sourciller à l'occasion des cérémonies officielles relatives à la fin de la Seconde Guerre mondiale et à celle d'Indochine.

Sur son uniforme figuraient en bonne place plusieurs médailles qui illustrent presque toutes son engagement militaire en Extrême-Orient. L'occasion d'évoquer avec lui ce lien qui relie le passé au présent et qu'il est utile de préserver : « Moi, explique ce pur produit lensois de la rue de la Perche, je voulais travailler à la mine. Mais cela n'a pas été possible à cause des grandes grèves de 1948. Plus d'embauches ! J'ai bien essayé les filatures à Roubaix mais sans succès. Je suis allé voir mon père pour lui dire que j'allais m'engager !

 » Sans doute ne présageait-il pas de l'avenir mouvementé qui l'attendait. Robert Tahon choisissait la marine. Avec le début du conflit en Indochine, le lensois se retrouve peu de temps après à voguer en mer de Chine, à remonter le delta du Mékong ! « Sa » guerre va durer quatre ans, entre 1950 et 1954. C'était hier : « Parmi les missions à mener, il y eut ce bateau allemand, récupéré comme dommage de guerre en 1918 et rempli de... charbon qu'on devait ramener à bon port. Je vous garantis que j'ai vu du pays avec du mauvais mais du bon aussi. » La guerre laisse des traces. Robert Tahon avait déjà eu un avant-goût quelques années plus tôt, à Lens, en 1940. Il était alors âgé de 14 ans : « Pendant la débâcle, on est partis à pied chez des amis qui habitaient Norrent-Fontes et puis... on est revenus à la maison qui par chance était toujours debout. Les Allemands étaient allés si vite, c'est fou ! » Les années ont passé et le cours de la vie a repris mais pas question de tout oublier, ce n'est pas possible. Aussi, le quartier-maître chef de 1 ere classe Tahon se souvient à sa manière et son drapeau ne bouge pas pendant les hymnes. Par respect. •

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