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vendredi 02 mai 2008

Les étudiants de l'EPSAD au festival de Brno : jouer et voir comment on fait du théâtre ailleurs

Les élèves de l'École professionnelle supérieure d'art dramatique (EPSAD), étroitement associée au Théâtre du Nord, à Lille, étaient en avril à Brno, en République tchèque. Ils participaient au Festival international des écoles de théâtre.

Non, à l'énoncé du palmarès, les étudiants lillois ne sont pas montés sur scène chercher un prix. Mais l'essentiel de leur participation au festival n'était pas là, de l'aveu même de leur metteur en scène, directeur de l'EPSAD et du Théâtre du Nord, Stuart Seide. «  L'intérêt, c'est qu'ils voient comment on fait du théâtre ailleurs, qu'ils rencontrent des gens de leur génération qui ont le même rêve, qu'ils voient les spectacles des autres, qu'ils en parlent, qu'ils entendent d'autres langues. » Même la représentation, selon lui, était, «  dans un certain sens, secondaire ». Aujourd'hui déjà, «  la France n'est plus le centre du monde ». Quant à savoir ce que ces jeunes, qui sortiront de l'EPSAD l'an prochain, joueront dans vingt ou trente ans... Les quinze étudiants lillois - huit filles, sept garçons - avaient pourtant préparé avec beaucoup de sérieux leurs représentations tchèques. Ils ont commencé dès janvier à y travailler et s'y sont davantage consacrés encore avant Brno. «  Six semaines pour monter une pièce de Shakespeare, même avec des acteurs chevronnés, ça ne se fait pas. C'est forcément une ébauche, une esquisse », nuance Stuart Seide. À l'issue des premières séances de répétition là-bas, il appréciait cependant : «  C'est très beau de voir comment certaines choses mûrissent. On part d'une leçon bien appliquée et on prend de la rondeur et de la chair, comme un fruit qui mûrit. Ce que j'ai vu, ils ne le faisaient pas il y a deux mois. »

Jeu shakespearien

Le metteur en scène avait choisi Mesure pour mesure, « un chef-d'oeuvre de Shakespeare, donc un chef-d'oeuvre tout court ». Il l'avait déjà monté deux fois : «  Le jeu shakespearien, c'est mon histoire, mon parcours, un territoire qui me passionne et que j'aime partager avec les autres. » La pièce fait se succéder les moments dramatiques, mélodramatiques, tragiques et comiques et oblige les acteurs à envisager tous les registres. «  Elle parle de religion, de politique, d'une société et pose cette question : "Est-ce que la loi est toujours la justice ?" » Autre atout : elle comporte beaucoup de personnages, même si le metteur en scène a dû faire tourner les rôles «  pour que tout le monde ait un beau morceau à défendre ». Comment a-t-il mis les comédiens en face de ces rôles ? «  En fonction de ce qu'ils savent déjà faire, mais aussi en leur imposant des choses qui leur posent problème. Il faut que ce soit à leur portée, mais pas trop facile. Ils doivent s'étirer, s'éloigner d'eux pour y arriver. » Les étudiants lillois n'en ont pas tout à fait fini avec Mesure pour mesure. «  J'ai envie qu'ils présentent la pièce, en octobre, sur le grand plateau du Théâtre du Nord. » Ensuite, les derniers mois de formation, jusqu'au spectacle final, qu'ils donneront à Lille et à Montreuil-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). D'ici là, les talents auront encore mûri.

CATHERINE PAINSET

Les rédactions de La Voix du Nord
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